Du Bénin au Brésil, des gestionnaires de sites patrimoniaux du monde entier se sont retrouvés en formation en France et à Bibracte
La 10ème édition de la formation internationale « Construire ensemble l'avenir des sites patrimoniaux : élaborer et mettre en œuvre une gestion durable » s'est achevée le 11 septembre 2026 à Paris, au ministère de la Culture. Elle s’était déroulée en ligne, du 25 juin au 3 juillet, puis sur le terrain avec un voyage d'étude du 7 au 10 septembre en Bourgogne Franche Comté. Originaires de Maurice, de Chine, de Côte d'Ivoire, de Tunisie, de France et d'ailleurs, 14 gestionnaires de sites naturels et culturels de 10 pays et de 4 continents y ont partagé méthodes et bonnes pratiques, sous le patronage de la Commission nationale française pour l'UNESCO.
Un format renouvelé pour une 10e édition
Organisée tous les deux ans depuis 2010 par le Pôle international des sites patrimoniaux, porté et animé par le Réseau des Grands Sites de France (RGSF), la formation a évolué cette année pour répondre aux besoins des gestionnaires et tirer parti des outils numériques. Elle s'est déroulée en deux temps : un séminaire intensif en ligne du 25 juin au 3 juillet, puis un voyage d'étude complémentaire en France du 7 au 11 septembre 2026.
Réparti sur sept jours, le séminaire en ligne a permis à chaque participant, tous des professionnels francophones en poste et aguerris, de présenter son site et ses enjeux de gestion, et de partager méthodologies de travail et exemples de projets inspirants avec des intervenants français, gestionnaires de Grands Sites de France et partenaires du RGSF.
Le voyage d'étude est venu confronter ce partage d'expérience en ligne aux réalités du terrain. Huit participants ont découvert deux sites patrimoniaux et échangé avec leurs équipes de gestion : le Grand Site de France Bibracte – Morvan des Sommets et le paysage culturel des Climats de Bourgogne, inscrit au patrimoine mondial. Ce fut aussi l'occasion de rencontrer les parties prenantes de ces territoires : élus, acteurs culturels et touristiques, associations et habitants.
Des fondamentaux communs : gouvernance partagée et implication des acteurs locaux
La matinée de clôture du 11 septembre, accueillie par le Secrétariat général du ministère de la Culture à Paris, a mis en lumière les problématiques communes aux participants et les enseignements de la formation en matière de gestion durable. Tous se sont retrouvés autour d’enjeux partagés : favoriser la bonne gouvernance des sites et l'implication des acteurs locaux dans le projet patrimonial.
Comme en témoigne Loraine Noubicier, Secrétaire générale de l'association camerounaise Agir pour le développement de la Culture et du Tourisme, participante engagée pour la préservation et la valorisation de la Grotte de Fovu : « Il n'y a pas de projet sans acteurs, car on ne décide pas seul : il faut faire parler les communautés. Cette formation m'a donné la méthode pour gérer un site remarquable, du diagnostic jusqu'à ses valeurs durables, avec deux obsessions : la gouvernance partagée et l'adaptation climatique. »
Pour Josiane Alves, Analyste environnementale à l'Institut national du patrimoine historique et artistique du Brésil, qui travaille sur l'Ensemble moderne de Pampulha : « Les personnes doivent être au cœur du processus de gestion qu’il s’agisse des visiteurs, des habitants, et des gestionnaires de sites patrimoniaux, car c’est le lien affectif avec les sites […] qui va motiver leur préservation. »
Les participants ont également souligné la pertinence de la démarche paysagère, l'une des méthodes de travail partagées au sein des Grands Sites de France. Cette approche a été une découverte pour certains, comme pour Joseph Toumoudagou, Conservateur de la partie béninoise du paysage culturel du Koutammakou : « Ce qui m'a le plus impressionné, c'est la démarche paysagère. Nous sommes sur un site paysager et, pour nous c'est une innovation. » Pour les professionnels de sites monumentaux, cette approche a interrogé les échelles de projet. Comme le résume Simon Brochut, Responsable équipe projets régionaux à l'Agence Française de Développement, il retient de la formation internationale « la question de re-situer son site dans son échelle et son paysage, et de faire du paysage un axe fort et crucial ».
Une dynamique d'échanges internationaux faisant vivre la francophonie
L'édition 2026 de la formation a été portée par une forte mobilisation : plus de trente professionnels du patrimoine français ont consacré du temps à rencontrer les participants et à partager leur expérience. « Les participants ont beau être en formation, ils ont leur propre expertise et leur propre regard. C'est intéressant de voir comment ils réagissent à nos projets, et cela nous oblige aussi à revenir aux fondamentaux », explique Bertrand Gauvrit, Directeur de l'association du vignoble des Climats de Bourgogne et vice-président de l'Association des Biens Français du patrimoine mondial, qui a accueilli les participants sur son site.
La cérémonie de clôture a été ouverte par Sarah Doignon-Sirven, Adjointe au chef du bureau des affaires internationales et multilatérales au ministère de la Culture, qui a rappelé l'importance de la formation continue entre pairs et la richesse des échanges réciproques. Les co-présidents de la commission internationale du RGSF, Pascal Duforestel, Président du Grand Site de France Marais Poitevin, et Vincent Guichard, Directeur de celui de Bibracte – Morvan des Sommets, ont souligné l’attachement du Réseau à cette action internationale et son inscription dans le projet à dix ans 2025-2035 de l'association. Marielle Richon, membre d'ICOMOS France et co-animatrice de la formation, a rappelé combien ces relations humaines font vivre la coopération et la francophonie. Les participants et le RGSF ont chaleureusement remercié l'ensemble des partenaires qui ont rendu possible cette formation et l’évolution de son modèle.
Au-delà de l'enrichissement personnel unanimement évoqué, cette édition a confirmé l'importance des rencontres entre pairs et de la mise en réseau pour créer des dynamiques durables. Des échanges amorcés dans ce cadre devraient donner lieu à des projets de coopération très concrets, déjà en préparation.
Tous les participants repartent outillés d’idées et d’actions inspirantes à mettre en œuvre sur leur site. Ils vont désormais rejoindre la plateforme d'échange des gestionnaires de sites (175 membres de 40 pays) animée par le Réseau des Grands Sites de France dans le cadre du Pôle international. Elle leur permettra de travailler avec des gestionnaires du monde entier et sans doute de poursuivre les échanges engagés.
Intervenants à la formation 2026 membres du Réseau des Grand Sites de France :
Grand Site de France Bibracte – Morvan des Sommets / Grand Site de France Cirque de Navacelles / Projet Grand Site de France Dune du Pilat / Grand Site de France Estuaire de la Charente – Arsenal de Rochefort / Projet Grand Site de France Falaises d'Étretat – Côte d'Albâtre / Projet Grand Site de France Marais de Brouage / Grand Site de France Marais Poitevin / Grand Site de France Massif et balcons du Canigó.
Autres intervenants partenaires du Réseau des Grands Sites de France :
Association des Biens Français du Patrimoine Mondial / Association du vignoble des Climats de Bourgogne / Centre des monuments nationaux / Comité français de l’UICN / ICOMOS France / MAB France / Université Ki-Zerbo.
- Programme de la formation internationale
- Lire le communiqué de presse sur www.grandsitedefrance.com
Le Pôle international francophone des sites patrimoniaux
Le Réseau des Grands Sites de France conduit son action internationale à travers le Pôle international francophone des sites patrimoniaux qu'il anime, dans le cadre de partenariats très actifs, avec notamment ICOMOS France, le Comité français de l’UICN, l'Association des Biens français du patrimoine mondial et le Centre des monuments nationaux. Le Pôle international offre aux professionnels francophones du monde entier un lieu vivant d’échanges, de coopération et de formation sur la gestion de sites patrimoniaux confrontés aux problématiques de développement durable, de maîtrise de la fréquentation et du développement touristique, de préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, d'implication des habitants, de développement de la connaissance et partage des valeurs du site…